Introduction

Entre le 27 juillet et le 22 août 2023 Isabelle et moi avons effectué un périple sud-américain. La construction de ce voyage s’est opérée en assemblant des envies et des opportunités. Un peu de Chili pour y revoir le caveau familial, la Serena pour y voir des pingouins de Humboldt, la Bolivie parce que les récits de Vikki faisaient rêver, Salta parce que c’était Salta la Linda, la péninsule de Valdès parce que la Patagonie… et les baleines. Des noms qui faisaient rêver : Valparaiso, Uyuni, Buenos Aires, la Patagonie… Des souvenirs aussi pour moi parce que j’étais allé à Buenos Aires et Santiago en 1987. Isabelle n’avait pas les mêmes souvenirs et sans doute des rêves différents. Mais aussi un œil plus aiguisé.

Les notes ci-dessous n’ont que la prétention de remuer quelques souvenirs, de partager quelques impressions.

Santiago (27/7)

Après un vol Madrid-Santiago de 14 heures, nous arrivons. C’est le matin. Le temps de déposer la valise à l’hôtel et nous partons en expédition. Le but était d’atteindre le Cementerio General, parfois aussi appelé Recoletos. Pour l’atteindre il faut passer par le centre historique puis le marché central. Dans le marché les fruits de mer et poisons attirent forcément notre attention. Des moules et palourdes énormes et d’autres fruits de mer que je n’avais jamais vus. Et ces mets viennent alimenter les différents restaurants du marché. La pause midi est toute trouvée mais avant cela nous avons à marcher dans des zones où on trouve de tout : des olives et de la ferraille, des bonbons et des lainages. Des puces de Saint-Ouen à l’autre bout du monde…

Le cimetière est gigantesque -on y compterait les tombes de deux millions de défunts !- mais avec un peu d’aide nous trouvons, dans la section 17, le tombeau familial. Celui-ci avait été construit pour mon arrière-arrière-grand-mère, Manuela de Silva de Payne. Celle-ci était décédée à l’âge de 29 ans à la suite de la naissance de son 8ème enfant. En 1880. Le mausolée est en mauvais état. Les tremblements de terre successifs auront fait beaucoup de mal. J’ai la clé mais il n’y a plus de serrure. Autour du mausolée, d’autres, bien plus imposants et majestueux : on y trouve des noms anglais et basques, ceux des grandes familles qui ont dirigé le Chili au 19e siècle : MacKenna, Errazurriz, O’Higgins. Un peu plus loin, la tombe de Salvador Allende qu’on nettoie scrupuleusement : dans un mois on se souviendra des 50 ans de sa mort et de la prise de pouvoir par la junte militaire de Pinochet.

Nous reprenons le métro pour le marché central où je commets l’erreur de prendre mes fruits de mer au bouillon plutôt que crus. Le ceviche que nous avons aussi commandé était lui délicieux… Il va falloir apprendre à faire ça avec les poissons frais du marché de Tharon.

Le Museo nacional était prévu au programme car nous devions y trouver des tableaux représentant les parents de Manuela : Jose Luis Silva et Maria Fresia Quiroga. Hélas, ces tableaux existent bien et sont répertoriés (on peut les trouver sur internet) mais ne sont pas exposés.

Le Musée présente les portraits des Chiliens illustres des siècles passés. On note l’importante proportion de militaires et cela rejoint ce que j’avais découvert en analysant l’histoire de mes ancêtres : chez les hommes ils ont tous occupé des positions allant de Capitan à General avec souvent le rôle de Maestro de Campo. Cela se retrouve aussi dans l’architecture où les bâtiments importants semblent relever de la hiérarchie militaire. On est loin de l’Equateur où c’est l’église qui est au centre du projet colonial et où ce sont ces monuments qui sont les plus riches et les plus beaux.

Santiago a un centre-ville assez petit et déserté le soir. Il a fallu manger ce qu’on a pu trouver : une chaine de nourriture rapide nous a servi des empanadas frites… délicieuses.

Santiago Valparaiso (28/7).

Une erreur de calcul nous a empêché de voir le musée archéologique ; dommage. Nous prenons un bus jusqu’à Valparaiso et avons la bonne idée de laisser nos grosses valises à la consigne de la gare routière… Nous devons reprendre un bus demain. Pour rejoindre le port, nous montons dans le trole. Mais au port nous ne trouvons pas les pélicans que nous recherchons. Il faudra reprendre un petit train jusqu’à la Caleta Portales. C’est un port de pêche et un marché des produits de la mer étonnant, où je ne reconnais pas la moitié des espèces. Nous regrettons de ne pas avoir une cuisine à notre disposition. Une jetée part du marché. Nous nous y aventurons et découvrons une colonie de loups de mer (ou otaries… mais on peut penser que chaque spécimen pèse entre 100 et 300 kilos).

L’hôtel Bristol est un vestige du passé, perché sur le Cerro Concepcion qui communique avec le Cerro Alegre.

Valparaiso. Le nom même évoque toutes les aventures. Le passage obligatoire au temps des Cap Horniers… Les bateaux qui remontaient vers la Californie s’y arrêtaient. La ville a été prospère, mais a perdu de son importance avec l’inauguration du canal de Panama en 1913.

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