Vendredi 17 octobre
En attendant le taxi qui doit nous conduire à Mysore, nous observons la vie qui s’anime devant le temple : une femme se lave, une jeune fille part à l’école, cartable sur le dos
Le trajet jusqu’à Mysore dure un peu moins de trois heures. En chemin, nous faisons une courte halte pour savourer un chai délicieux accompagné de petits gâteaux. Après notre installation dans l’Airbnb, nous partons découvrir le centre de Mysore. Dans la journée, nous visitons le splendide palais.

Le soir venu, nous y retournons pour admirer le spectacle des illuminations : le château s’embrase de milliers de lumières.



Nous faisons de belles rencontres. Les habitants sont très sociables et curieux de savoir d’où nous venons. Notre couleur de peau les intrigue, et il nous arrive souvent de poser pour des photos.
Le moment le plus amusant reste sans doute ma visite aux toilettes : j’ai eu l’impression d’être une reine ! Toutes les femmes me regardaient en souriant, c’était à la fois drôle et un peu surréaliste.Nous nous sommes ensuite promenés dans quelques boutiques : dans l’une, des femmes façonnaient à la main des bâtonnets d’encens ; dans une autre, nous découvrions des étoles de soie, aux couleurs éclatantes.


Deepak était notre avant dernier chauffeur de tuk-tuk hier. On avait négocié un voyage à 30 roupies (rappel : 1 roupie= 1 centime) pour aller à un marché qui s’est avéré finissant. Surprise… Deepak parle plutôt bien anglais, ce qui n’est pas du tout courant chez les conducteurs de tuk-tuk. On discute et il m’explique qu’il est chauffeur à temps partiel et qu’en réalité il est diplômé de mécatronique. On passera du temps avec lui : il nous emmènera à différents magasins (grrr) puis réparer mon téléphone. Et nous avons rendez vous avec lui plus tard aujourd’hui pour visiter un temple à 20 km d’ici. Son autre mi temps n’est pas la mécatronique : il a travaillé à Mysore mais les salaires et les horaires ne lui convenaient pas. Et à Bangalore, on paye trop cher pour les loyers et il y a trop de pression (oui, la vie est plus douce à Mysore…). Bref, il a fait un site web pour proposer aux touristes de partir à la journée en Tuk-tuk. Ce que nous allons faire.



Samedi 18 octobre
En compagnie de notre chauffeur de tuk-tuk, nous avons passé l’après-midi à explorer le site de Srirangapatna.



La balade nous a menés au bord de la rivière Cauvery (ou Kaveri). Là, des Indiens se purifiaient dans l’eau claire (oui, oui) près d’un petit temple marqué par le passé. Autour, la vie battait son plein : des vaches paissaient, des singes curieux sautaient de branche en branche, une aigrette était posée sur le dos d’une vache, et une chèvre solitaire arpentait les lieux en liberté.







Pour en finir avec les visites de la journée: la cathédrale Sainte-Philomène. Une curiosité…..elle a l’air bien solide.

Un peu de contexte : le tuk-tuk nous emmène partout. Une course de 5 km va nous coûter 150 roupies. Que nous arrondissons à 200, ce qui entraine un sourire du chauffeur. Parfois il nous réclame (avant la course) 200. On accepte et on lui donne 200. Et là pas de sourire ! Conclusion : il faut négocier. Les chauffeurs ont un talent dingue. Avec calme ils circulent entre voitures, camions, tuk-tuks, motos, vélos (rares), piétons et vaches (rares, mais moins que les vélos). La vidéo donne une idée des compétences requises.
La spécialité de Mysore est la dosa. Il s’agit d’une crêpe de… Là, ça va être compliqué. Je cite ce que je trouve sur le web : « raw dosa rice, urad dal, chana dal and fenugreek ». En somme des ingrédients que nous ne trouverons sans doute pas à l’Intermarché de la Plaine sur Mer. Cette galette est frite et peut être repliée dans des formes diverses pour se retrouver sur les menus avec des noms tout à fait différents. Le plain dosa est la galette toute simple. Le dosa masala est la crêpe fourrée d’une espèce de pate de légumes qui me rappelle un peu la tortilla des patatas.
Bien entendu, on peut s’aventurer au-delà de ces deux-là. On utilisera l’interrogation « not spicy ? » voire l’interjection plus directe « not spicy ! ». Et on découvre alors que cette question d’être ou ne pas être épicé est très subjective. Invariablement le dialogue sera quelque chose comme « not spicy ? » « no, sir. Not spicy » « are you sure ? not spicy at all ? » « Well, perhaps medium spicy ». Et son « medium spicy » est l’équivalent d’une bonne rasade d’harissa.
Dimanche 19 octobre

Mysore est une bourgade du Karnataka. Bourgade de 1,3 millions d’habitants tout de même. Tout petit en comparaison de Bangalore et ses 8,5 millions ! Ces énormes villes indiennes ne représentent pourtant que 30% des habitants. Les autres sont ruraux.
Le personnage historique de Mysore n’est pas le Maharaja qui a fait construire ce somptueux palais ou l’un de ces successeurs dont les statues ornent les ronds-points. Non, c’est le célèbre Tipu Sultan (appelé dans les références en français, Tipu Sahib). Musulman, il succédera à son père dans la conquête de vastes royaumes dans le sud de l’Inde et installera sa capitale à Mysore. Il apprend l’art de la guerre avec les Français et en arrivera à créer un club des Jacobins à Mysore en 1794. Son ennemi juré est la Compagnie des Indes orientales. Cela crée nécessairement des liens avec la France et, si Napoléon n’avait pas été battu à Aboukir en 1798, il était prévu qu’une partie du corps expéditionnaire de la campagne d’Egypte vienne se battre aux côtés de Tipu Sultan pour bouter les Anglais hors de l’Inde. Napoléon avait même envoyé un messager à Tipu pour l’informer que les troupes françaises étaient en route. Espion qui a été intercepté à Muscat et qui a entrainé de la part du Gouverneur Anglais la décision d’en finir avec Tipu.
Il a donc fallu se battre seul, ce qu’il a fait. On voit cependant sur les représentations des guerres (il y en a eu 4 !) entre Mysore et l’Angleterre quelques artilleurs français.
Tipu va se battre comme un lion. Non. Un tigre (son surnom est « le tigre de Mysore, et son cénotaphe est une couverture rayée décorée de nouvelles fleurs chaque matin). Lors de la dernière bataille de Srirangapatna en 1799, ses conseillers français ont suggérer de l’exfiltrer par les tunnels, mais il a préféré être tué lors de l’assaut. « Mieux vaut vivre un jour comme un tigre que mille ans commeun mouton » est la phrase qu’il aurait prononcé à ce moment-là.
Sir Walter Scott, au moment de l’abdication de Napoléon, écrira qu’il aurait du finir comme Tipu.
Ah. Si. Il reste un autre détail qui a son importance. Le gouverneur anglais, en face, s’appelle Richard Wellesley. Qu’on retrouvera 16 ans plus tard, sous le nom de Wellington.
Ceci a été écrit en m’inspirant des articles wikipedia en anglais et en français concernant Tipu, et qui ne disent pas vraiment la même chose…




Sortie au parc qui entoure le lac Karanji. Balade très agréable et apaisante après le tumulte incessant de la ville. Des arbres, des fleurs et beaucoup d’oiseaux.






19/10/2025, 21:01 – Isabelle: Ibis
19/10/2025, 21:02 – Isabelle: Héron cendré
19/10/2025, 21:04 – Isabelle: Taleve sultane
19/10/2025, 21:05 – Isabelle: Les pelicans


20 octobre






Journée presque paisible dans les rues de Mysore. On a changé d’hôtel pour accéder à une piscine et demain nous filons pour de nouvelles aventures….ohhh

Laisser un commentaire