




Un très long voyage en taxi pour rejoindre Hampi. En fin de compte 8h30 sur une route souvent cabossée, et très animée. Les vaches sacrées ont été remplacées par des troupeaux « normaux », les tuk-tuks (mais nous venons d’apprendre que dans le sud de l’Inde il faut dire rickshaw). Deux pauses tout de même pour manger quelque chose. Dans les deux cas c »était délicieux.
Il faut quand même que je parle du klaxon. Un élément indispensable des tuk-tuks, je veux dire des rickschaws et des voitures. Mais qui ne fonctionnent pas du tout de la même façon qu’en France. En France le coup de klaxon simple signifie « pousse-toi », et le double a longtemps signifié « Ton permis, du l’as obtenu où ? Dans un paquet de bonux ? » [Merci d’expliquer aux jeunes cette expression].
En Inde, le coup de Klaxon est donné pour indiquer à l’autre qu’on arrive et pour lui demander de garder sa ligne. Sur l’arrière de certains camions, il est même écrit « Please use the hooter ». Autrement dit, si vous comptez me dépasser, prévenez-moi en klaxonnant.
Notre chauffeur du jour, Shiraz, a bien plus klaxonné que freiné aujourd’hui. Et à l’arrière, on s’y fait…Presque.










Quelques premières photos d’Hampi. Fascinante, renversante malgré les touristes. Pour la première fois, nous avons entendu parler français.


Hampi. Dans son moment de gloire, au 15e siècle, Hampi était tout simplement la deuxième ville la plus peuplée au monde. Après Pékin. Les fouilles comptent aujourd’hui 3000 temples (1600 à Kyoto qui en est remplie). La capitale d’un empire qui a tout perdu lors de la bataille de Talikota en 1565. Rama Raya et 100,000 de ses hommes seraient morts ce jour là. Et les sultans alliés ont tardé plusieurs mois à détruire la ville.
Aujourd’hui, Hampi est inscrite au patrimoine de l’Humanité de l’Unesco. Nous avons eu le temps de visiter le temple de Virupaksha situé à 50 mètres de notre guesthouse. Qu’on voit très bien depuis la terrasse. Dans le temple des moines, des autels, des images pieuses. Un éléphant et beaucoup de singes.
C’est un lieu extraordinaire et la journée de demain promet. Seule tuile… Hampi est sacré. On n’y accepte ni viande ni alcool.

Jeudi 30 octobre
Attention les yeux ! Ça va piquer. Beaucoup de photos.





























Shri Virupaksha
Il s’agit du temple situé à 50 mètres de notre guest house. Le jour, ça brouille de pèlerins et de touristes. Le soir, il permet à pèlerins et habitants sans toit de Hampi de s’abriter et dormir. Parmi les habitants… un éléphant. Sur quatre côtés des décorations que certains se hasardent à décrire comme fractales. Je ne suis pas convaincu. Seule la frise la plus basse est décorée avec des personnages en train d’accomplir toutes sortes d’actions. Dont dans certains cas des actes qui ont toute leur place dans le Kamasoutra.










Le sanctuaire de Lakshmi Narasiimha
Lakshmi Narasimha ( लक्ष्मीनरसिंह en Sanskrit) est la quatrième réincarnation de Vischnou. C’est un dieu lion, normalement représenté avec sa compagne Lakschmi assise sur son genou droit. Lors des destructions de 1565, Lakschmi a disparu ainsi que les (ici quatre) bras du dieu. Mais la statue conserve une majesté grandiose.


Le temple de Shiva souterrain
Un très beau temple due l’âge d’or de Hampi. construit sous le niveau de la rivière et donc en partie inondé tout le temps. On imagine que c’est particulièrement spectaculaire en période de mousson.





Lotus Mahal
Un petit palais royal dans un style indo-islamique. Pendant la période précédent la destruction de Hampi, les sultanats du Deccan (au nord) avaient déjà beaucoup influencé Hampi et sa culture.



Étables des éléphants
Grandiose ! Les écuries royales. Avec 11 box pour y recevoir les pachydermes royaux.




Pushkarani Kola
Auprès de nombreux temples on retrouvera ces bassins très géométriques. Celui-ci, en granit noir, est particulièrement spectaculaire.


Le temple de Hazara Ramachandra
Le temple de Hazara Ramachandra n’est pas dédié à un des innombrables dieux hindous mais au roi lui-même. Construit en 1530 ses murs très bien conservés retracent les exploits de ce roi.
C’est assez curieux : chaque frise semble construite comme ces cartoons qu’on construisait enfin ou chaque image différait de la précédente de quelques secondes. Puis, en faisant défiler les images cela donnait l’impression de mouvement. On a la même sensation ici, même si on a de la peine à imaginer comment faire défiler les images !













Les bains de la Reine
C’est supposé être un des monuments de Hampi les plus beaux mais il s’avèrera décevant. Sans doute parce que, survendu, il attirera nombre de touristes qui voudront tous se faire prendre en photo de la même façon…



Shree Vijaya Vitthala
Le temple le plus connu de Hampi est celui de Vitthala. Pour y accéder il faut accepter de marcher deux kilomètres sous un soleil de plomb ou prendre un minibus électrique pour 10 roupies.
Le temple y abrite le chariot de pierre de Hampi, tellement célèbre qu’il illustre les billets de 50 roupies [oui, il y a des billets de 50 roupies… il y en a même de 10 roupies, donc environ 10 centimes]. C’est en réalité un temple dédié à Garuda.
Il abrite aussi les colonnes musicales. Construites dans une pierre qui résonne, chacune des 60 colonnes est supposée produire un son musical différent. Comme souvent en Inde on est dans une logique du tout ou rien : pendant longtemps chacun pouvait vérifier ces sons. Aujourd’hui, on ne peut qu’admirer les colonnes d’en bas. L’idée qu’une personne fasse une démonstration des sons une fois par heure n’est pas passée.















Ah. En fouillant un peu on trouve des vidéos où quelqu’un joue avec les colonnes : Musical pillars @ Hampi.
Shri Achyutarāya Swamy
Muruthi (notre chauffeur de Rickshaw) ne l’avait pas prévu dans son parcours. Mais je voulais le voir. Nous nous sommes donc arrêtés près de la rivière, avons passé un premier temple dédié à Hanuman le dieu-singe (et les singes eux-mêmes étaient là pour nous rappeler que c’était aussi leur temple) puis marché sous un soleil très dur jusqu’au bazar d’Achyutaraya. Ce bazar est aujourd’hui une vaste plaine qu’il faut pourtant imaginer grouillant de marchands, de clients et de voyageurs il y a 600 ans, du temps de la splendeur de Hampi, du temps ou sa population dépassait le million d’habitants.
Ensuite on tombe sur le temple lui même, ou plutôt sur ses ruines. Magnifique. Et quelle sérénité !





























Coucher du soleil
Tous les chauffeurs de tuk-tuks nous proposent dès 17h de nous conduire à un lieu magnifique pour assister au coucher du soleil. Nous ignorons leurs efforts et notre fatigue et montons en haut de la colline d’Hemakuta, derrière le temple…
Et c’est effectivement magnifique.





Comment parler de ce que nous avons vu et vécu aujourd’hui. Impossible. Hampi est un endroit stupéfiant. Les ruines (même si certains temples sont opérationnels) sont splendides. Essentiellement datant surtout des 14e et 15e siècles… avec certaines choses bien plus anciennes.
A 6 heures je sors découvrir Hampi. Le temple de Virupaksha se réveil et les pèlerins qui ont dormi entre les pierres vont à la rivière se laver. Je monte la colline et m’émerveille du spectacle. Un gentil singe vient s’installer à côté de moi. Il a l’air gentil… Mais me montre ensuite ses dents.
Je récupère Isabelle. Petit déjeuner et Rickshaw pour la journée. Notre guide va nous promener de temple en temple, avec aussi le petit musée archéologique.
Peu à peu on s’habitue aux noms : Hanuman le dieu-singe, Nabasimba, le dieu lion, une déesse pour la vache, Namba. Et les divinités plus importantes : Vichnou, Shiva et Krishna. Mais ce qui complique tout est que chacun a plusieurs formes et à chaque résurrection a changé d’apparence.
Les décorations des temples sont magnifiques et les fresques et statues ont plutôt bien résisté au temps.
Le soir nous remontons la colline pour un dernier coucher de soleil.
Vendredi 31 octobre
Second jour à Hampi. Maruthi, notre chauffeur de Ricksaw est prêt à l’heure convenue : 6h45. Une pause en chemin pour prendre un improbable petit déjeuner (Masala Dosa, bien entendu !) et nous sommes au pied de la montagne sacrée abritant le temple de Hanuman. Hanuman y serait né. Il faut se souvenir que dans la cosmologie Hindouiste, avant les humains il y avait les singes. Et Hanuman est donc le roi de ceux-ci.
Il y a plus de 500 marches et même s’il est tôt, le soleil tape. En haut, un temple et des vues assez impressionnantes.
Maruthi va ensuite nous emmener de temple en cascade, de palais en magasins d’objets fabriqués à partir de la fibre de bananier.
Maruthi dort dans le temple. Célibataire, il essaie de faire des économies pour s’installer à son compte. Ce qui signifie s’acheter son rickshaw. Mais c’est difficile de faire des économies quand votre salaire quotidien est de 300 roupies. Quand il accompagne des touristes à la demande de son patron (le propriétaire de l’hôtel), ceux-ci prennent en charge son repas de midi. Mais un petit déjeuner, c’est 50 roupies et il en faut 150 le soir. Nous nous montrerons généreux avec nos pourboires.
Nous serons moins généreux avec son patron. Qui nous facture 2000 roupies la journée. Et qui nous surfacturera aussi le taxi du soir pour rejoindre Bangalore.
Mais ça nous aide aussi à moins culpabiliser… Les causes de la pauvreté sont multiples. L’exploitation par les pays riches et la colonisation en sont deux. Mais leur propre définition du capitalisme est quand même extrême.
















Les temples de la rive gauche












Un dernier temple… Shri Malyavanta Raghunatha
Avant de rentrer, un dernier temple étonnant. Les moines y chantent continuellement, en se relayant, 24 heures sur 24. Une cérémonie a lieu… Impossible d’en deviner le sens. Mais l’ambiance est joyeuse !
Une présentation complète du temple peut être trouvée dans cette vidéo indienne : https://www.youtube.com/watch?v=KJ_leV2ZcZ4&t=730s.








Et quelques collages d’Isabelle…












Quelques éléments pratiques
De façon générale, en Inde, on se sent un peu pigeon. La règle générale est que tout intermédiaire va se faire une belle commission sur le dos de l’étranger; Ainsi, le conducteur de Tuk-tuk était prêt à se faire facturer 10 roupies un voyage à Bangalore pour nous promener de magasin en magasin. A Mysore, un vendeur nous a affirmé que si on entrait dans un magasin avec un guide le produit était automatiquement multiplié par deux. Et notre propre expérience est que chaque fois que nous faisons appel à quelqu’un pour nous aider à réserver un taxi, les prix étaient 30% plus chers que ceux qu’on peut trouver sur une plateforme.
Mais a-t-on le choix ? Les mêmes plateformes jouissent de réputations très médiocres…
A Hampi, nous avons choisi de parcourir les sites en rickshaw. Le prix était de 2000 roupies pour la journée. Cela permettait de beaucoup voir de choses sans se perdre. Mais inversement, il y a un réel plaisir à ce perdre.
A Hampi, dans le minuscule village il y a plusieurs guesthouses. Nous avons choisi le GOPI parce qu’accessible sur une plateforme. Mais en réalité, on peut trouver ça sur place. Nous avions aussi un enjeu d’espace : nous avions à effectuer le dernier rangement (celui où on cherche à tout rentrer dans les limites imposées par les compagnies aériennes).
Nous avons dîné à l’hôtel, mais à midi nous avons pris deux fois le plat du jour du Mango tree à Kamaplapur. Un plateau métallique et une feuille de bananier sur lesquels sont déposés différentes petites portions végétarienne. Pour 200 roupies, très bon.
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